Ces émotions parfois trop intenses…

J’ai passé des années à me demander comment faire avec mes états émotionnels et mes humeurs.

D’abord en les subissant, en me demandant ce qui clochait chez moi, à me dire que je n’étais pas normale (ce qui a fini par me faire commencer une thérapie).

Puis en les appréhendant, en les écoutant, à passer des mois, année après année, à écouter chaque sentiment et à aller chercher quel besoin s’exprimait derrière.

Puis à les sentir, dans mon corps, où est ce que ça se situe dans mon corps, ce que je sens, ce que je ressens.

Puis à faire dialoguer toutes les émotions contradictoires, à faire trouver un terrain d’entente à toutes ces parts intérieures antagonistes, qui créaient de la tension en moi.

Puis à les laisser être dans une créativité, sans les analyser- ou en les analysant moins- les laisser être dans la danse qui s’exprime, les laisser être en dessin, les laisser être en mots, en écriture automatique.

Apprendre à laisser circuler, à ne pas juger. A regarder le flot des émotions comme je regarderai une rivière en crue : le flot qui déborde va-t-il m’emmener ? Vais-je mourir de cette intensité ? Et si je regardais plutôt l’arbre qui est solidement planté à côté de cette rivière en crue ?

Et puis je n’en suis pas morte.

Alors je continuais à apprendre à sentir, ressentir.

Et puis au fur et à mesure, je comprenais dans mon expérience que ce n’était qu’un flot d’informations que mon corps, mon système nerveux avait emmagasiné, et qui était restée coincé. Coincé dans mes tissus, coincé dans mes nerfs, coincé dans mes fascias. Allons savoir pourquoi… Finalement peu importe l’explication, c’était là, et il fallait y porter de l’attention.

Et comme c’était coincé, figé, une certaine chimie du corps se mettait en marche. Une chimie hormonale, qui crée les ambiances d’humeur. Et qui faisait que toujours je sentais le désespoir, la lassitude, la tristesse, alors même que la joie et la confiance attendaient au portillon. Et tout cela se matérialisait par un cocktail d’hormones, équilibré pour mon corps tel qu’il était à ce moment là, avec ses restrictions, ses habitudes. Avec ses pensées qui favorisaient tel ou tel cocktail.

Alors je laissais mon système nerveux «  décharger ». Décharger le trop plein d’informations sensoriel senti à un moment. Décharger par le corps qui s’exprime, en larmes, en tremblements, en rire, en bâillements, et puis parfois en imaginaire, en mouvement. Souvent en présence d’un témoin qui était avec moi, comme une présence aimante et sans jugement (en thérapie ou dans des pratiques qui favorisent la corégulation, comme le mouvement authentique), ce qui me permis d’apprendre à m’aimer avec tout ce qui se passait en moi et de développer un témoin intérieur.

Et puis au fur et à mesure je compris cette chose si simple : notre corps enregistre toutes les informations sensorielles. Ces informations sensorielles, une fois connectées à notre cerveau, deviennent des informations émotionnelles. Et nos émotions façonnent la chimie de notre corps. La chimie de notre corps façonne nos humeurs.

Alors la simplicité m’apparut pour cultiver un autre équilibre en moi : il n’y a qu’à laisser aller le trop plein d’informations sensorielles. Pas besoin de comprendre, de m’identifier, d’analyser. (encore qu’il me semble parfois que la remise en question est nécessaire dans d’autres contextes).

Simplement mettre en mouvement le corps , et laisser le système nerveux autonome faire circuler les informations électriques dans mon corps. Laisser cela bouger, sans juger, sans analyser, sans imaginer, sans se projeter pour nettoyer ce trop plein d’informations. Faire de l’espace pour libérer ces trop plein d’informations. Et surtout créer les espaces sécurisés pour les laisser aller.

Les organismes vivants, vont naturellement vers la vitalité, l’équilibre, la coopération. Le corps humain n’en est pas une exception.
Sommes nous malades de nos pensées ?

Comment nos pensées peuvent-elles être au service du vivant, en nous et autour de nous ?

J’ai fini, avec par renommer mon cerveau : le planificonteur : celui qui planifie, et celui qui imagine. Mais pas celui qui décide!

En aucun cas je ne souhaite que ce soit lui qui prenne les décisions premières, qui sont de l’ordre de mon coeur et de ma chair.

C’est ce qui me touche profondément dans certaines pratiques de danse, d’improvisation, ou les pratiques somatiques : cet espace où être soi tel que l’on est, dans sa singularité du moment. De laisser aller ce qui est là, dans le corps, tout en étant attentif à l’espace partagé. Être et créer ensemble à partir de l’espace de la sensation.

Le soi d’hier n’est pas le soi d’aujourd’hui, ni celui de demain. Nous avons, dans la présence à la sensation, l’espace possible du changement et de la non fixité dans nos mouvements, dans nos attentes, dans nos croyances.

Alors dansons, vivons, attentifs à nos sensations, à l’instant présent 🙂

PS vous voulez aller plus loin sur ce sujet? Je propose un cycle de 4 ateliers en ligne du 13/11/20 au 4/12/20 cycle d’atelier/formation « Régulation émotionnelle, sensibilité et système nerveux »

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